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Les Causses

Les Causses en Lozère

Des quatre Grands Causses, ces plateaux dénudés et caillouteux au sud du Massif central, deux sont lozériens : le Sauveterre et le Méjan. Une faible partie du causse Noir est en Lozère.

Sauveterre s'étend entre les deux grandes rivières de ce département : il s'abaisse au nord vers le Lot, du côté de Chanac et de la Canourgue ; au sud, vers le Tarn, vers Ispagnac et Sainte-Enimie. Sur cette vaste esplanade, où l'habitat fut jadis prestigieux, s'éparpillent des villages, comme Laval-du-Tarn ou Saint-Georges-de-Lévéjac, Le Massegros ou Saint-Rome-de-Dolan, qui ont gardé de belles traces du passé.

Le causse Méjan (ou Médian) est encore plus nettement délimité : par le Tarn, qui, d'Ispagnac au Rozier, l'isole du Sauveterre ; par la Jonte, au sud, qui le coupe du causse Noir ; par le Tarnon, à l'est. Meyrueis sur la Jontre et Florac sur le Tarn montent la garde au pied de cette plate-forme, que seul le col de Perjuret relie à la région de L'Aigoual. Hures La Parade, Saint-Pierre-des-Tripiés, villages du Méjan, ont bien des choses à dire ou à montrer au voyageur qui passe.

La mer, qui recouvrait presque tout le Gévaudan à l'ère secondaire, au Jurassique, a laissé en se retirant, au bout de soixante-dix millions d'années, dépôts ou sédiments, calcaires et marnes, et de nombreux fossiles, de coquillages surtout. Le plissement alpin du Tertiaire a soulevé les Causses, et tous ces fossiles sont montés des profondeurs. La surface des couches calcaires a été rongée par le vent, le gel, la pluie : et cela nous a préparé ces pierres creusées de stries, déchiquetées ou percées de part en part. En certains points, les dolomies, en se creusant, ont engendré des mégalithes aux formes tourmentées, ont sculpté dans le rocher des arches, des piliers, des portes triomphales : comme une ville de cyclopes dont ce seraient les ruines : ainsi, les Arcs-de-Saint-Pierre ou Nîmes-le-Vieux, sur le Méjan.

Le sol est couvert de plaquettes calcaires, qui cachent la roche en place sous leurs épais éboulis. Entre les fentes des pierrailles surgit une timide végétation : touffes de lavande au parlum pénétrant ; sédum étoile de jaune ; scabieuses d'un mauve pâle, chardon aux boules bleues hérissées de piquants. L'autre chardon, la cardouille ou carline, étale son cœur jaune sur les sols arides entre les acanthes de sa couronne. Il est beau et décoratif ; les Caussenards jadis mangeaient ses feuilles en salade. Accroché aux portes, il sert de baromètre.

Les "combes", ces dépressions entre les croupes chauves, offrent quelques surfaces à la culture : l'argile labourée allonge, à l'automne, ses raies d'un rouge brique. Ces lots cultivables sont de fines terres : on les appelle des "sotehs".
Les lavognes ou lavagnes, petites mares rendues étanches par un revêtement d'argile, offrent leurs eaux souvent boueuses à la soif des ovins. Mais le soleil, cet "enfant fou" qui met les nuages en fuite, ne permet pas toujours à cette eau piétiner de tenir jusqu'à l'hiver.

De nombreux avens parsèment les Causses : les plus célèbres sont l'aven Armand et la grotte de Dargilan. Ces gouffres à la gueule sombre qui s'enfoncent sous la terre, c'était, disaient les anciens, la cachette du Drac.

Les Causses ne sont pas sans forêts : le Méjan, comme le Sauveterre, est boisé dans sa partie ouest. Les pins sylvestres mettent leurs plaques sombres aux pentes des serres. On y trouve aussi des hêtres, des taillis de chênes et quelques genévriers.

Charme étrange et puissant de ces paysages sévères, grandioses, silencieux, que ne trouble même pas le bruit des eaux courantes. Car les eaux des pluies sur les Causses ne restent pas longtemps en surface : absorbées par les trous des avens ou les fissures du sol, elles coulent dans le monde souterrain, où elles reconstituent réseaux, confluents, lacs, cascades. Elles ressortent au flanc des vallées, en bruyantes résurgences, et font de courts ruisseaux de 150 à 500 mètres. Les deux plus célèbres sont la fontaine de Burle, à Sainte-Enimie, et la source splendide du Pêcher, à Florac.

Les Causses ont pourtant quelques fonts : petites cavernes remplies d'eau claire, comme à Saint-Pierre-des-Tripiés. Avant l'arrivée de l'eau courante, on puisait dans les maigres réserves des citernes. Si le climat est doux dans les vallées à l'entour, la température peut tomber jusqu'à -20° sur l'entablement. Le mont Cargo, sur le Méjan, est à 1247 mètres.


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